XVMe65fcbfa-29e8-11e9-85b8-b1891b9fccbc Les Français les plus riches sont un peu moins nombreux à quitter la France
 

Le nombre de foyers fiscaux déclarant plus de 100.000 euros de revenus et ayant décidé de partir, a reculé de 9% en 2016. Avec ses réformes, dont la transformation de l'ISF, le gouvernement espère que la baisse va s'amplifier.

Quitter la France ou rester? Les foyers les plus riches sont légèrement moins nombreux à opter pour la première solution. Selon des données fiscales transmises par Bercy au Parlement et dévoilées par Les Échos ce mercredi, 4662 foyers déclarant un revenu fiscal de référence compris entre plus de 100.000 et plus de 700.000 euros ont quitté le territoire en 2016. C'est 9% de moins par rapport à 2015. Impossible pour l'instant de savoir si la baisse s'est poursuivie car l'administration fiscale n'a pas encore transmis les informations concernant les années 2017 et 2018.

Concernant les derniers chiffres disponibles, ceux de 2016, Bercy précise que parmi les 4662 foyers ayant quitté la France, 3990 ont déclaré un revenu fiscal supérieur à 100.000 euros, 528 ont déclaré plus de 300.000 euros et 144 plus de 700.000 euros. Seule cette dernière catégorie affiche un nombre de départs plus important qu'en 2015 (137 départs à l'époque). Ces foyers quitteraient la France pour s'établir au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Mais la Suisse ou la Belgique seraient privilégiés par ceux dont les revenus sont les plus élevés.

Officiellement, la fiscalité n'est pas toujours la première cause du grand déménagement. Pourtant, le lien semble clairement établi au regard de l'explosion du nombre de départ à partir de 2012, l'année où François Hollande a été élu président de la République. Le début de son mandat a été marqué par un «choc fiscal» qui s'est traduit par une hausse des impôts, principalement ciblée sur les 10% les plus aisés. Parmi les mesures les plus emblématiques figuraient la création d'une tranche d'impôt à 45% et la mise au barème progressif des revenus du capital. En 2012, le nombre de départs des plus aisés a bondi de 41% à 3277. Puis, les années suivantes, ce nombre a constamment augmenté pour atteindre un pic à 5097 départs en 2015. Pendant les premières années de François Hollande au pouvoir, le nombre d'assujettis à l'ISF (ceux dont le patrimoine est supérieur à 1,3 million d'euros) ayant quitté le territoire a également explosé, passant de 555 en 2011 à 674 en 2012 puis 907 en 2014. Il reflue très légèrement depuis.

C'est cette tendance à la baisse des départs des plus riches qu'Emmanuel Macron espère accélérer. Plusieurs de ses réformes vont dans ce sens comme la création du prélèvement forfaitaire unique à 30% sur les revenus du capital mais surtout la transformation de l'ISF. Ce dernier est devenu l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI) en décembre 2017, un impôt ciblé sur le seul patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d'euros. Malgré les revendications des «gilets jaunes», Emmanuel Macron exclut tout retour en arrière. Il reste convaincu de l'efficacité de cette mesure: «ceux qui réinvestissent dans l'économie (...), ceux-là, je ne leur fais pas payer d'impôt sur la fortune. J'assume totalement cette politique, parce que c'est la seule manière de faire redémarrer la production», a-t-il réaffirmé récemment, lors d'un débat dans la Drôme.

Ce matin, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a également insisté sur la nécessité de ne pas revenir sur cette réforme. «L'ISF, ça fait la fortune des Belges, des Anglais, des Italiens, des Espagnols mais pas des Français. C'est un impôt qui est idiot», a-t-il lancé au micro de BFMTV. L'IFI fera l'objet d'une évaluation à l'automne. En attendant, le ministre dit préférer se concentrer sur la nécessité de «lutter contre les optimisations les plus agressives et contre la fraude fiscale».

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