Ils baissent inexorablement. En avril, les taux de crédit immobilier ont atteint un nouveau plus bas historique. Selon le courtier en crédit immobilier Vousfinancer, les taux moyens sur 10 ans se négocient à 0,85%, 1,14% sur 15 ans, 1,25% sur 20 ans et 1,40% sur 25 ans. La tendance n’est pas prête de s’arrêter. “Après un début d’année difficile, marqué par un climat social peu propice à la vente, les banques vont continuer de prêter à des taux extrêmement faibles jusqu’à l’été pour compenser le retard pris dans leurs objectifs”, détaille Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer. Selon elle, de nouvelles baisses de taux ne sont pas à exclure dans les prochains mois.

Une opportunité exceptionnelle pour tous les ménages (sauf les plus modestes, dont le dossier est mécaniquement exclu à cause de la limite des taux d’usure), et en particulier pour les emprunteurs les plus aisés. Car ce sont bien eux que les banques recherchent le plus et qui profitent au passage des taux les plus canons, confirme Vousfinancer. Les établissements leur accordent dans la plupart des cas des taux inférieurs à 1% quelle que soit la durée, en particulier si le foyer accepte de domicilier ses revenus au sein de la banque prêteuse.

Crédit immobilier : à quel taux emprunte-t-on sur 10, 15, 20 ou 25 ans ?

Pour obtenir ces taux exceptionnels, les banques se réfèrent principalement aux revenus. Ainsi, un couple francilien peut bénéficier des taux proches du minimum à partir du moment où ses revenus atteignent 7.000 euros nets par mois selon Sandrine Allonier. Un montant qui tombe à 5.000 euros nets ailleurs en France. Le montant des revenus étant bien évidemment à mettre en relation avec les niveaux des prix de l’immobilier observés sur les marchés locaux.

Quelques exemples pour bien comprendre. Un couple de deux cadres commerciaux nantais a obtenu un prêt de... 0,30% sur 7 ans pour un emprunt de 140.000 euros. A eux deux, ils gagnaient plus de 10.000 euros et entraient ainsi dans la catégorie “VIP” des banques. Une dénomination un peu pompeuse qui leur permet concrètement d’intégrer les grilles de taux les plus avantageuses des établissements. La logique est la même pour des prêts de longue durée, car toujours à Nantes, un autre couple de cadres a obtenu un emprunt de 400.000 euros à 1,01 % sur 25 ans ! Il était même un peu moins fortuné que le premier couple : 8.000 euros nets mensuel.

Crédit immobilier : les profils qui décrochent les meilleurs taux

Les cadres sont donc bien lotis, tout comme les professions libérales. A Laval, un couple de vétérinaires gagnant chacun 3.000 euros nets a décroché un taux de 0,75% sur 9 ans en empruntant 160.000 euros. Un architecte indépendant niçois a lui trouvé un crédit de 400.000 euros sur 20 ans à 0,95 %. Il faut dire qu’avec un revenu au moins égal à 12.500 euros nets par mois, il n’a pas été confronté à d’éventuels problèmes de financement.

Autre profil particulièrement apprécié des banques : les jeunes actifs d’environ 30 ans à “fort potentiel”. Comprendre “avec de belles perspectives d’évolutions professionnelles et salariales”, comme un ingénieur peut en trouver. Car même avec des salaires de début de carrière à 2.000 euros nets, les banques sont très conciliantes avec eux. Cette catégorie de la population bénéficie généralement d’une baisse de 0,2% sur leur prêt par rapport au taux moyen observé. Un prêt sur 20 ans pourrait ainsi leur être accordé autour de 1%. Avant négociation bien entendu.

Enfin, les hauts fonctionnaires sont une des catégories sociales les plus chouchoutées. A Versailles, un couple (l’un magistrat, l’autre responsable des ressources humaines dans la fonction publique) a dégoté un prêt de 580.000 euros sur 16 ans pour un taux de ...0,91%. Ils engrangeaient à eux deux 10.000 euros de revenus.